Comme nous le rappelle OneVoice l’affaire du Mediator nous montre que le modèle animal n’est pas fiable pour tester l’innocuité des médicaments

Rappelons que le Mediator, médicament prescrit aux diabétiques et aux personnes en surcharge pondérale, suspecté de causer des effets secondaires graves, a été supprimé du marché en 2009, après plusieurs années de doutes. Depuis, une liste de 59 médicaments suspects a été publiée par l’Afssaps, laquelle devrait être étendue à 76. La plupart de ces médicaments ont été expérimentés sur des animaux et aurait du donc démontrer leurs inocuités. Et l’affaire du Mediator n’est pas une première! le Vioxx, un anti-inflammatoire non stéroïdien, retiré du marché en 2004, qui semblait sûr et même bénéfique pour le cœur des souris, a provoqué plus de 100 000 crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux rien qu’aux Etats-Unis.

Les tests faits sur les animaux sont donc sensés être pour les futurs patients la garantie que les médicaments sont inoffensifs une fois sortis par les laboratoires. Cependant vingt mille personnes meurent chaque année en France suites aux effets indésirables de médicaments. Preuve du manque de faillibilité du modèle animal. La procédure en vigueur oblige, avant  les tests "précliniques" sur l'homme, à tester les médicaments in vitro puis in vivo sur des animaux. A ce stade expérimental, 90 % des substances testées sur les animaux avec des effets prometteurs vont cependant se révéler inefficaces, ou pire, toxiques pour les premiers « cobayes humains ». Faut-il s’en étonner ? Certes l’homme est un animal, mais chaque espèce a sa propre biologie. La nature nous donne maints exemples de la différence de réponse des organismes à telle ou telle substance. (voir un précédent article sur l'inutilité de l'expérimentation)

Si bien des médicaments, pour ne citer que l’ingrédient actif de l’aspirine, ont été mis au point sans avoir recours à l’expérimentation animale, il existe aujourd’hui des méthodes alternatives à celle-ci, des méthodes offrant, elles, un degré de fiabilité élevé. Elles supposent notamment d’intégrer les pratiques nouvelles issues de la recherche et doivent être validées par les autorités sanitaires.  Se baser sur le modèle animal est dépassé voire dangereux. Il peut même être une frein aux découvertes. La revue anglaise The Ecologist de mars 2009 dans son article « Animal testing : science or fiction ? » citait le docteur Albert Sabin, inventeur du vaccin contre la polio (1953), qui en 1984 déclarait que « le vaccin a longtemps été retardé par la conception erronée de la nature de la maladie humaine basée sur des modèles expérimentaux inexacts observés chez les singes »...

Le ministre du Travail et de la Santé, Xavier Bertrand, s’est engagé à bâtir un nouveau système de contrôle des médicaments. Bernard Debré, urologue et professeur des Universités, et Philippe Even, président de l’institut Necker, ont notamment été sollicités pour réfléchir aux solutions qui permettront d’« assainir la filière du médicament ». Leur rapport devrait être remis au ministre à la mi-mars 2011. Mais il est évident que rien ne changera réellement tant que ne sera pas aboli l'expérimentation des médicaments sur les animaux.

Source: Onevoice