20 septembre 2009
Manger bio, c'est pas du luxe de Lylian Le Goff
Manger bio, c'est pas du luxe de Lylian Le Goff aux éditions Terre Vivante, est un livre intéressant pour découvrir ou se conforter dans l'idée que manger bio c'est bon pour la santé, pour la nature et que finalement ce n'est pas si cher!
Présentation de l'éditeur: "Manger bio, est-ce vraiment du luxe ? Comment comparer les coûts entre bio et non bio ? Dans ce livre, l'auteur met tout sur la table et apporte des réponses sans ambiguïté. Disons-le d'emblée : manger bio n'est pas plus cher que consommer des produits "conventionnels" à condition de mieux équilibrer ses repas. L'auteur démontre même que les aliments non bio coûtent plus cher au contribuable en raison des subventions versées aux agriculteurs conventionnels. Bien sûr, il faut ajouter à cela le coût des dégâts infligés à notre planète et des soins donnés à ses habitants, malades des pollutions dues à l'agriculture conventionnelle. Manger bio, c'est aussi faire le choix du développement durable."
De mon point de vue, si on a déjà potassé le sujet par d'autres lectures sincèrement on n'a apprend pas grand chose, si ce n'est qu'il casse la mauvaise image d'une alimentation bio inaccessible et réservée à ceux qui ont de l'argent.
Attention ce livre vaut tout de même la peine d'être lu! D'abord il rappelle que la France est à la traîne et que les politiques ne font pas grand chose pour aider la branche bio de l'agriculture. On le savait mais c'est bon de le rappeler surtout quand les exemples de nos voisins européens nous mettent à mal!
Pour ceux qui ne seraient toujours pas convaincus par le titre du livre, c'est l'occasion de se persuader que le bio est à la portée de tous parce qu'il s'agit de mettre en pratique une alimentation équilibrée qui fait la part belle aux légumes et légumineuses beaucoup moins chers que les produits carnés.
Mais surtout loin de n'être qu'un rappel de chiffres et de propos généraux, l'auteur donne des exemples concrets de menus équilibrés que l'on peut mettre en place avec pour chacun le coût que cela engendre. Bien entendu les menus végétariens proposés sont bien moins coûteux que ceux contenant de la viande.
Ce livre ne peut que définitivement nous convaincre de faire le choix d'une alimentation bio, avec peu ou pas de viande: pour notre santé (pas de pesticides, alimentation moins carnée...), pour notre planète (préservation des sols, de l'eau...) et pour la société (emplois...).
09 juillet 2009
Mangeurs de viande de la Préhistoire à nos jours par Marylène Patou-Mathis
Je viens de finir l'ouvrage Mangeurs de viande de la Préhistoire à nos jours écrit par Marylène Patou-Mathis, curieuse de savoir si cet ouvrage était un énième argument en faveur de la consommation de viande.
Le livre pourrait se résumer ainsi : indispensable à l'équilibre du corps humain, la quête de la viande, en ce qu'elle nécessite la traque du gibier, a contribué à l'organisation de la société et stimulé l'esprit du genre humain : en favorisant la stratégie, la cohésion, le partage et même la division du travail. Voilà c'est dit, la viande a permis l'arrivée de l'Homme moderne et de la société civilisée!!
Tour d'abord, je trouve peu convaincant le fait de chercher à légitimer ou justifier nos actes présents en nous basant sur un lointain passé, dont peu de sources subsistent.
De plus, il ne faut pas oublier de replacer le sujet dans son contexte. Si au début de son histoire, l'homme a dû consommer de la viande pour une question de survie et que bien que cette habitude ait perduré depuis, nous sommes aujourd'hui en possession de données qui nous montrent que non seulement on peut se passer de la viande mais qu'en plus on a tout intérêt à ne pas en consommer.
D'autres recherches ont avancé que c'était en réalité par la cuisson des aliments plus que par la viande elle-même que l'homme a pu développer son cerveau. On avance souvent l'argument de la viande, mais les tubercules et légumes cuits peuvent être à l'origine de ces progrès, en étant plus digestes grâce à la cuisson et en élargissant les choix alimentaires. Tout cela pour dire qu'on peut spéculer encore longtemps sur l'origine de notre évolution.
Pour moi il est évident que cette tendance à se réfugier dans les origines de l'humanité pour justifier des comportements actuels est bien la preuve du manque de véritables arguments pour justifier la consommation de viande. En bref, je l'ai lu, j'en fais part mais je n'adhère pas.
12 juin 2009
Ces bêtes qu'on abat de Jean-Luc Daub
Un livre à découvrir sur le quotidien des abattoirs: Ces bêtes qu'on abat - Journal d'un enquêteur dans les abattoirs français (1993-2008) de Jean -Luc Daub, préface d’Elisabeth de Fontenay, Edition de l’Harmattan. L'auteur, également enquêteur dans les abattoirs pour des associations de protection animale, nous livre ici un temoignage précis et sans concession.
Résumé: La viande coûte cher aux animaux. Engraissés dans des bâtiments obscurs dont ils ne sortent que pour être abattus, privés de toute relation avec leurs congénères, entravés, parfois sanglés au point de ne pouvoir bouger, ces animaux sont tués à la chaîne dans l'indifférence la plus absolue. Les enquêtes effectuées par Jean-Luc Daub dans les abattoirs français durant une quinzaine d'années lèvent le voile sur le malheur de milliards d'animaux. La force de ce témoignage tient dans la description, d'une précision extrême, des opérations d'abattage qui font inexorablement passer les bêtes de vie à trépas, dans ces lieux dont la législation dit qu' "aucun animal ne doit ressortir vivant ". Les instances qui ont compétence pour faire appliquer la réglementation en matière de protection des animaux font preuve d'une passivité qui confine à la complicité.
Plus largement, c'est à une réflexion de fond sur la condition des animaux élevés pour être mangés que ce livre nous invite. Pourquoi les avons-nous à ce point bannis de tout ?
07 août 2008
Fondements Éthiques pour une Alimentation Végétarienne de H. Kaplan
Si vous vous intéressez au végétarisme je vous conseille le livre d'Helmut Kaplan intitulé "Fondements Éthiques pour une Alimentation Végétarienne" aux éditions L'harmattan.
L'auteur,Helmut F. Kaplan, est né à Salzbourg en 1952 ; il est philosophe et écrivain. Végétarien depuis l'âge de 11 ans, il compte aujourd'hui parmi les pionniers du mouvement pour les droits de l'animal. Il a publié de nombreux livres, entre autres "Droits de l'animal, philosophie d'un mouvement de libération".
Après avoir défini très précisément le principe d’égalité, l’auteur démontre comment racisme, sexisme et spécisme sont de la même veine. Il montre ensuite tout ce que les humains et les autres animaux ont en commun, analyse les zones de friction et d’entente entre protecteurs de l’environnement et protecteurs des animaux, et s’interroge sur le sens à donner au concept de «dignité humaine». Il revient en détail sur le débat entre approches réformiste et radicale et pour finir, il répond à huit objections couramment faites au végétarisme. Cet ouvrage est donc une mine d’informations et d’arguments efficaces, très utiles lorsqu'il faut faire face à des réactions hostiles ou sceptiques concernant notre choix du végétarisme.
20 février 2008
Un éternel Treblinka de C. Patterson
Voici un livre à découvrir si vous vous sentez concernés par la cause animale. Sorti depuis 2002 dans quelques pays, il vient tout juste de sortir, traduit en français (janvier 2008):
Un éternel Treblinka de Charles Patterson aux Editions Calman-Lévy.
Le titre en lui-même, Un éternel Treblinka peut suffir à choquer ceux qui veulent à tout prix conserver une frontière entre eux et les animaux. En effet, pour certains, se permettre de comparer le massacre des Juifs à celui des animaux, c'est dévaloriser les Juifs. Mais cette comparaison ne vise pas à dévaloriser les uns au mépris des autres ; elle permet simplement de dénoncer l'horreur des abattoirs aujourd'hui, tout comme on dénonce l'horreur des camps d'extermination
Charles patterson définit ainsi son livre : « La thèse de mon livre est que l'exploitation et le massacre des animaux est l'oppression centrale et originelle, à partir de laquelle toutes les autres oppressions découlent. La cruauté et l'injustice envers les animaux se retrouve inévitablement chez les humains »
Ce livre est partagé en trois grandes parties:
"Une débâcle fondamentale" : la première partie retrace l'histoire de l'exploitation des animaux par le biais de leur domestication depuis l'Antiquité, en notant par ailleurs ce qu'en disaient les principales religions ainsi que des philosophes, tels que Platon ou Aristote. Cette partie expose également comment le fait de qualifier d'animaux certaines catégories de personnes a pu servir à justifier leur persécution, leur exploitation et leur meurtre.
"Espèces suprêmes, race suprême" : cette deuxième grande partie étudie la manière dont le massacre industrialisé des animaux et des humains se sont imbriqués au cours du 20ème siècle, et comment l'eugénisme et l'abattage à la chaîne ont traversé l'Océan Atlantique pour trouver place en Allemagne nazie.
"Echos de la Shoah": enfin, la troisième partie nous présente le parcours de Juifs et d'Allemands concernés par l'Holocauste qui se sont tournés vers les droits des animaux. Elle commence notamment par une citation de Helmut Kaplan : « Un jour, nos petits-enfants nous demanderont : où étais-tu pendant l'Holocauste des animaux ? Qu'as-tu fait contre ces crimes horribles ? Nous ne pourrons donner la même excuse une seconde fois, dire que nous ne savions pas. »
Retrouvez un résumé très complet du livre ici et une interview de l'auteur ici
Voici l'extrait d'un article publié dans le Monde du 11 janvier 2008:" Des Etats-Unis nous vient un livre qui semble arriver à point nommé pour conforter tous ceux qui dénoncent le principe même d'un droit des animaux et pensent que les thèses de la "libération animale" devaient immanquablement conduire à des dérapages scandaleux. Comment ne pas être en effet choqué par ce titre, Un éternel Treblinka, que l'historien américain Charles Patterson a osé donner à un livre sur la condition animale ? Pourtant, chapitre après chapitre, on comprend qu'il ne s'agit pas là d'une outrance irresponsable : sans nous faire grâce du moindre détail, l'auteur nous oblige à accompagner l'effroyable parcours qui aboutit à la tuerie des animaux de boucherie, ce processus qui s'effectue à la fois en marge et au coeur des sociétés industrielles. Il veut obliger nos contemporains à prendre connaissance de cette violence banale, légale que des directives encadrent, certes, mais que sa technicité industrielle et son obnubilation par le profit rendent doublement inhumaine : vis-à-vis des bêtes qu'on transporte, qu'on parque, puis qu'on abat, et vis-à-vis des hommes qu'on exerce à l'insensibilité."









